Bien qu’étant partie prenante de la mobilisation « Relocalisons Copenhague ! », nous avons décidé de poursuivre notre participation au collectif « Urgence Climatique Justice Sociale », dans lequel nous nous investissons depuis le mois de juin 2008. Son but est de rassembler une quarantaine d’organisations autour des questions qui seront débattues lors du sommet international de Copenhague en décembre 2009, afin de peser sur les décisions qui y seront prises en organisant différentes initiatives permettant d’informer les citoyens et de les inciter à participer avant et pendant les négociations sur le climat.
L’une des étapes importantes de la mobilisation a été la rédaction d’un appel commun aux associations, partis politiques, et syndicats , que nous n’avons finalement pas signé. Pourquoi avons-nous refusé de soutenir ce texte ? A la fin de l’article, la réponse rédigée par Jean-Luc Pasquinet et adressée aux participants signataires.
Depuis, nous continuons à suivre les réunions, et contribuons à notre mesure aux différents projets d’informations sur les enjeux de ce sommet.
Le samedi 24 octobre, les « 6 heures pour le climat » ont constitué une importante mise en lumière des problématiques qui seront discutées à Copenhague ; à voir deux vidéos de cette journée :
- un des ateliers, »Taxes carbone, marchés carbone, fiscalité écologique, taxes globales : quels mécanismes et financement pour répondre au défi écologique et à la justice sociale ?«
- et la plénière « Sommet de Copenhague : des négociations aux mobilisations, quels enjeux Nord/Sud et quelles régulations internationales pour que la justice climatique et sociale soit au centre des politiques mises en oeuvre ?«
Nous avons pu constater les progrès de l’objection de croissance dans l’opinion et au sein de l’UCJS où un des deux ateliers retenus lors des 6 heures pour le climat concernait le développement (non filmé) : « Développement durable ? Croissante verte ? Décroissance ? Economie écologique ? Quels modèles de production et de consommation pour garantir un accès juste et équitable aux biens et services essentiels dans le respect de l’environnement et du climat ? »
Pourquoi avons-nous refusé de soutenir l’appel commun :
« Après d’âpres débats, la sensibilité politique des Objecteurs de Croissance, réunie dans l’Association des Objecteurs de Croissance-France ne signera pas cet appel pour les raisons suivantes : Malgré des « avancées » indéniables et notamment le rejet du droit à polluer avec son marché du CO² et du nucléaire comme possible alternative (car un accident est possible en permanence) ce texte est en contradiction avec nos positionnements :
- Refus du revenu d’autonomie universel garanti et promotion du droit à l’emploi, vision totalement occidentale industrielle et productiviste ;
- Il ne remet pas en cause le modèle occidental de développement cause de tout nos maux et ,au contraire, il appelle au développement alors que nous répétons avec beaucoup de paysans du sud que le développement conduit à la misère ;
- Il n’insiste pas assez, parmi les causes principales de l’augmentation des GES, sur la contribution de l’industrie et des transports parce qu’il faudrait stopper leur croissance, donc l’emploi ;
- Il propose des mesures démocratiques de moralisation du capitalisme financier, succession d’oxymores que nous dénonçons ;
- Emploi , centralité du travail , capitalisme financier, quel rapport avec un texte unitaire sur le climat me direz vous ????? Voila ce que nous demandons de supprimer pour en revenir à l’essentiel, l’urgence climatique, mais il faut admettre que, sur la façon de résoudre la justice sociale, nous divergeons. Devrions-nous accepter une pensée unique, pour voir figurer notre nom sur un appel unitaire ?
Plus que jamais les OBJECTEURS DE CROISSANCE le rappellent :
La seule façon de s’en sortir réside dans une remise en cause sans ambiguités du mode de développement de type occidental, de la civilisation occidentale et de ses modes de production et de consommation, où l’augmentation de la productivité n’a servi qu’à augmenter le nombre de produits, qu’on devrait nommer des « pseudo-produits » pour satisfaire des pseudo-besoins. Produits dont on ne connait pas, pour la plupart, la nocivité. Par ailleurs, l’augmentation de la productivité n’a été utilisée que pour détruire la société : devrions-nous rappeler que plus de 80 % de croissance du PIB en 30 ans ont doublé le chomâge et rendu les travailleurs redondants dans un système qui considère le travail comme un coût à réduire plutôt qu’un investissement. A travers ce système, le seul besoin qui est satisfait, c’est celui de faire des profits pour une infime minorité de la population.
Il est bien entendu que les OC dans le cadre de l’AdOC continueront à poursuivre le dialogue au sein de ce collectif UCJS où nous n’avons rencontré que des gens sympas que nous retrouverons avec plaisir. »

#1 by Jean-Frédéric on 3 décembre 2009 - 10:53
Attention à ne pas enfermer les réseaux dans l’échéance médiatisée de la Conférence. Il va falloir aussi tenir le travail des collectifs dans le post-copenhague et passer de l’Urgence au travail politique de fond.